Fonctionnement à l’état normal

D’abord qu’est ce qu’une CELLULE ?
Elle se compose à minima :
  • d’une membrane externe protectrice
  • d’inclusions comme les mitochondries, sortes de petits sacs dont le but est de fournir l’énergie à la cellule à partir des éléments nutritifs véhiculés par le sang
  • d’un noyau, à l’exception des globules rouges.
Une telle cellule est une cellule banale, sans originalité : elle est indifférenciée.
Lorsqu’elle acquiert un rôle bien défini on la dira différenciée.
C’est le cas des MN (motoneurones)

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LA CELLULE MOTONEURONE (MN)
0002.jpgLes MN sont des cellules nerveuses très différenciées, au rôle bien précis. Ils commandent la mobilisation des muscles attachés aux os.
Ils sont dotés comme toute cellule d’une membrane externe protectrice, active, pilotant un flux d’entrée et de sortie très organisé.
L’intégrité de la membrane est de ce fait totalement indispensable.
Les MN sont munis de multiples prolongements dont l’un d’entre eux, appelé axone peut être très long (jusqu’à plus d’un mètre).
A son extrémité l’axone se divise en petites ramifications en dents de râteau, qui se projettent sur le muscle pour transmettre l’ordre.
La jonction entre 2 neurones s’appelle synapse.
La transmission de l’influx nerveux aux muscles squelettiques se fait au niveau d’une zone appelée jonction neuro musculaire.
Ces deux zones sont le lieu de libération de petites molécules très importantes appelées neurotransmetteurs qui déclencheront la contraction du muscle.
Pour effectuer convenablement leur fonction, les MN, comme toute cellule ont besoin d’énergie.Synapse
Où le MN va-t-il puiser l’énergie nécessaire à son fonctionnement? Comme on pouvait s’y attendre, ce sont les nutriments véhiculés par le sang qui vont être la source d’énergie.
Des cellules dix fois plus nombreuses que les MN, appelées astrocytes, (voir astrocytes) se situent entre les vaisseaux sanguins et le MN.
Elles vont transférer au MN la nourriture puisée dans le sang – glucose en particulier.
Les mitochondries, structures internes du MN, auront pour fonction de stocker et de transformer cette nourriture en énergie directement utilisable.
Mais n’oublions pas qu’il faut non seulement nourrir le corps cellulaire, mais aussi le long axone jusqu’à la synapse, et aussi le débarrasser des déchets.
Depuis la production d’énergie à partir de la « centrale mitochondrie », tout un trafic aller-retour, nourriture - déchets, va s’installer grâce à des neurofilaments : ils jouent le rôle de squelette de l’axone et de rails pour assurer avec l’aide des microtubules la propagation des éléments nutritifs et le retour des déchets.
Comme toute cellule, à une exception près, le MN possède un noyau dans lequel se trouvent les brins d’ADN porteurs des caractères génétiquement transmissibles par les gènes.
Qu’est ce qu’un gène ?Un gène est un morceau du fil ADN porteur de tous les caractères de l’individu.
Lorsque la cellule se divise, il peut y avoir des ratés à la copie, sortes de faute d’orthographe.
La cellule-fille qui recevra une copie erronée sera porteuse d’une mutation sur un gène.
Cette mutation pourra conduire à la production d’une protéine inactive ou hyperactive ou toxique.

L’important voisinage des MN : le tissu glial.Ces neurones - éléments actifs et dynamiques du tissu nerveux - comme les autres tissus de l’organisme sont sous haute protection.
C’est ainsi qu’il existe des cellules spéciales appartenant au système immunitaire qui ont pour fonction précisément de protéger les MN.
Il s’agit des cellules microgliales, dont le rôle est de protéger les MN de molécules pathogènes et des déchets toxiques émis par d’autres cellules.
Ainsi ces cellules microgliales pourraient elles déclencher la mort programmée, appelée apoptose, (voir apoptose) de certaines cellules, dans le simple but de limiter les dommages qu’elles pourraient potentiellement causer aux autres neurones.
L’action de ce tissu microglial s’accompagne comme tout phénomène immunitaire d’inflammation.
Lorsqu’un moustique vous pique, la zone concernée est enflammée c'est-à-dire : rouge, chaude, enflée.
Un tel processus d’inflammation au niveau du tissu nerveux, de prime abord, ne semble pas souhaitable, ce qui conduirait à vouloir le supprimer.
Certains chercheurs se posent aujourd’hui la question de savoir si cela est pertinent, et si cette inflammation n’aurait pas, par elle-même, un rôle protecteur.EFFECTUER UN MOUVEMENT

Je veux effectuer un geste, un mouvement : que se passe-t-il ?
Lorsque vous décidez d’effectuer un geste ou un mouvement, le MN situé dans votre cerveau (MNC) prend en charge cette décision en envoyant, via son axone, l’information à un 2ème MN dit périphérique situé dans votre moelle épinière (MNP). Ce MNP interviendra directement sur les muscles concernés pour la réalisation du geste ou du mouvement voulu.
  • Les muscles des jambes et des pieds sont contrôlés par les MNP situés dans la partie inférieure de la moelle épinière,
  • Les muscles des bras des mains des doigts sont gérés par les MNP situés dans le haut de la moelle épinière,
  • Pour parler, avaler, mastiquer, ce sont les MNP du bulbe qui sont concernés. Le tronc cérébral fait le lien entre le cerveau et la moelle épinière,
  • Pour respirer ce sont les MNP situés dans la partie thoracique médiane de la moelle épinière.
Une approche génétique nouvelle dans la SLA :Chromosome 9
Revue « Neuron » 30 septembre 2011
Chaque chromosome est porteur de gènes.
Les gènes sont des séquences d’ADN bien spécifiques limitées par l’exon.
Entre 2 exons se trouve l’intron
Le gène se déploie donc en :
Exon – intron - exon
Les ADN des gènes, au niveau de l’exon ouvrent sur la synthèse de protéines spécifiques ou d’ARN ou autres.
L’ADN du gène est comme un plan d’architecte qui piloterait l’élaboration des protéines, par sa séquence d’ADN de l’exon dite « codante ».
Les introns sont des séquences non codantes.

Des chercheurs américains du NIH, Mayo Clinic, se sont intéressés à l’intron d’un gène du chromosome 9  dans des SLA familiales.
Ils ont repéré sur la partie non codante - l’intron -  du gène chez des patients SLA une répétition anormale  de séquence ADN et ce dans des proportions importantes chez les patients par rapport aux personnes saines.
Le même examen a été réalisé chez des SLA sporadiques où 21%des cas présentaient l’anomalie pour 46% dans les formes familiales.
Les chercheurs cherchent à préciser comment cette répétition amplifiée, associée à d’autres facteurs génétiques ou environnementaux pourraient être à l’origine de la maladie.
S’agit-il de production d’ARN toxique ?
Un précédent travail avait mis en évidence un métabolisme anormal de l’ARN chez les patients SLA.

Le chromosome 9: responsabilité?
New England Journal of Medecine (04 janvier 2012)
Une équipe du National Institute USA) relate la découverte d’une mutation d’un gène porté par le chromosome 9 responsable de 30% des cas familiaux de démence fronto-temporale( DFT ) de 40% des cas familiaux de SLA, de 3 à 4% des cas sporadiques de DFT et de SLA.