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Quel but poursuit la recherche ?

Toxine BMAA et SLA

Toxine BMAA et Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA, maladie de Charcot)

La SLA aux causes inconnues mobilise beaucoup les chercheurs. En cela l’histoire est intéressante et mérite une attention particulière.

En 1950 des médecins militaires ont observé une augmentation importante et significative de l’incidence, dans l’île de Guam (iles Mariannes, archipel du Pacifique)  de maladies neurodégénératives associant  SLA, syndrome parkinsonien et troubles cognitifs, (forme Guam de SLA)  

Une corrélation entre cette maladie et la présence d’une toxine la BMAA, a été identifiée, successivement par deux chercheurs : Spencer dans les années 80 puis Cox dans les années 2000.

L’origine de la toxine se trouve dans les graines de cycas, dont les chauves-souris sont friandes, lesquelles font partie de l’alimentation sur l’île. L’étude du cerveau de malades décédés de la forme de Guam a mis en évidence une forte concentration de BMAA dans les zones motrices du cerveau en particulier.

Le Professeur W. Camu responsable du centre expert SLA à Montpellier a constaté un nombre élevé de malades SLA vivant en particulier dans le pourtour de l’étang de Thau. Cette observation l’intrigua, ce qui l’a conduit à constater, après analyse,  l’existence de la toxine BMAA dans le biotope de l’étang de Thau..

Il est impossible d’en déduire une vraie relation de causes à effets, d’autant que la maladie ne sévit pas qu’en milieu marin. Il est toutefois intéressant de relater cette observation faite au Qatar au moment de la guerre du Golfe (1990) où la toxine a été trouvée dans les sables à des concentrations non négligeables.

Face à ces constatations le Pr Camu a initié un projet appelé BMAALS, projet mené avec d’autres équipes : Limousin, Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes.

Ce projet comporte entre autres, un aspect observationnel et un aspect exploratoire :

         *des  épidémiologistes étudient les fréquences de SLA  dans diverses régions  dans le but d’identifier des communes présentant un taux élevé de SLA

         * des prélèvements seront réalisés dans l’environnement des patients vivant dans ces zones d’incidence élevée dans le but de déterminer si la BMAA y est présente. Le cerveau des patients décédés qui ont donné leur accord sera également analysé dans l’optique de recherche de la toxine.

Si la responsabilité de la toxine fait toujours débat, ce travail devrait permettre d’affiner la connaissance du  rôle éventuel joué par  la BMAA, en France du moins.