Les grands principes

L’aidant avec son amour conjugal, filial, parental sera le grand ordonnateur de cette nouvelle vie. Le processus de vie dans le quotidien familial va devoir s’organiser autour des impératifs de soin et des comportements à modifier.
Ce n’est pas simple que de savoir réagir, affronter, anticiper les problèmes, pour avoir prête la réponse à apporter, surtout à un moment où changer de façon de faire ne s’impose pas impérieusement.Tout l’art consistera :
  • à amener le patient à accepter un correctif non encore impératif,
  • à l’amener à tolérer des aides, dans l’esprit de soulager l’aidant, pour que ce dernier conserve son équilibre mis à mal, et puisse toujours avoir cette disponibilité souriante.
L’adhésion du patient à cette anticipation du besoin, son recul face à l’acceptation d’une situation où sa pudeur se manifeste, sont totalement compréhensibles.
Cette incursion étrangère dans une intimité qu’on accepte, par la force des choses, de partager seulement avec le conjoint ou le proche, est au cœur du problème.
Pourtant il faudra bientôt solliciter les professionnels du soin pour suppléer l’aidant.
  • Ces démarches sont aussi difficiles, pour l’aidant d’ailleurs, car elles renvoient en miroir ce qui semble être de l’ordre du devoir, face pourtant à une situation où se protéger devient nécessité.
  • Il ne faut pas culpabiliser et toujours penser à s’économiser pour pouvoir offrir une présence efficace, chaleureuse et détendue.
  • Cette position n’est ni égoïste, ni lâche. Elle est de nécessité incontournable.
  • Ce recours aux professionnels du soin, s’il présente des avantages évidents, a un intérêt majeur pour le patient et son psychisme : cela lui permet désormais de s’approprier mieux sa maladie et d’évoluer vers « la compétence ».

Le terme de compétence, s’adresse bien spécifiquement au patient, car lui seul éprouve, ressent et doit décider.
Les soignants sont là pour une démarche d’expertise, technique, d’éclairage pour une décision à la lumière de leurs connaissances, de soutien et d’aide.
L’aidant sera de ce fait un élément déterminant dans l’acquisition de la compétence.
Il est un véritable acteur thérapeutique par ce lien impalpable et fort d’amour.